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NBJ Architectes vu par Michael Speaks

Dean et professeur de l'Ecole d'Architecture de la Syracuse University, New york, USA
Dean and professor, Syracuse University School of Architecture, New York, USA








Il est difficile d’imaginer une époque où la pratique culturelle et professionnelle de l’architecte était aussi peu définie, aussi peu en sécurité. Notre monde est gouverné par des disruptions économiques et technologiques. Le socle où était ancré l’architecte s’est transformé en un terrain glissant où il est difficile, voire impossible pour lui, et pour quiconque, de trouver prise. Et cela sans aborder la question des relations économiques avec les clients. Pourtant, c’est précisément cet état d’insécurité qui, aujourd’hui, offre la possibilité aux architectes de redéfinir leurs rôles dans la société et de reconquérir un territoire culturel et professionnel ayant été cédé à d’autre depuis plus d’un demi-siècle.Si une agence a pris ce challenge au sérieux, il s’agit bien de NBJ Architectes portée par Elodie Nourrigat et Jacques Brion. Depuis plus de quinze ans, NBJ a maintenu une pratique architecturale avec succès, dessinant et réalisant un panel de projets culturels, commerciaux ou publics, de toutes échelles et ayant reçu un nombre impressionnant de prix. Les deux architectes ont développé et redéfini un langage moderniste qui rend leur travail à la fois reconnaissable et singulier, leur permettant de trouver le bon design quel que soit le type de projets. Ils ont aussi dessiné d’incroyables espaces et plans urbains démontrant leur expertise de conception et leur intérêt tant pour une qualité intérieur et qu’extérieur redéfinissant ainsi les frontières du bâtiment.Peut-être, le plus significative est que NBJ se trouve parmi ceux de notre discipline qui définissent de nouveaux territoires pour l’architecture en démontrant une maîtrise parfaite de la conception architecturale, tout en travaillant chaque projet comme un sujet de recherche. C’est dans chaque solution, chaque bâtiment achevé, chaque projet architectural ou urbain, qu’apparait non seulement une solution singulière mais également, la constitution de savoirs et de connaissances produits au fil du travail. En ce sens, l’agence NBJ conçoit des bâtiments certes, mais elle produit également un corpus de connaissances architecturales nourrissant sa propre pratique, et qui se diffuse au-delà de celle-ci, toujours dans le partage (dans la production et l’utilisation) avec des étudiants ou les nombreux jeunes architectes avec qui elle collabore. En effet, ce qui est singulier avec NBJ, c’est qu’Elodie et Jacques pratiquent comme des enseignants et qu’ils enseignent comme des professionnels. Ils sont également des acteurs culturels, qui créent un socle de connaissance pour l’architecture, mais ce sont aussi des facilitateurs nourrissant un écosystème vibrant d’architectes, d’étudiants, de maîtres d’ouvrage et d’utilisateurs. La longévité et le succès de leur festival est exceptionnel. Le « Festival des Architectures Vives » combine tous les aspects de leur travail, celui d’enseignant, celui de professionnel, en transformant la ville en une immense salle de classe. J’ai eu m’occasion de visiter Montpellier à plusieurs reprises durant le festival et je place le FAV parmi les nouvelles plateformes de production et de consommation de culture, pour apprendre et enseigner, comme les plus réussies auxquelles j’ai participé.
Notre monde toujours plus compliqué et instable semble avoir éliminé une pratique désuète aspirant à la stabilité. Et pourtant, l’architecture survit et prospère parce que des architectes comme Elodie Nourrigat et Jacques Brion, et des agences comme NBJ, traitent l’architecture comme une culture et pas seulement la conception d’ un bâtiment. Ils font partie d’une génération extrêmement talentueuse d’architectes, d’enseignants, de producteurs de culture ayant refusé le chemin normé acclamant des architectes géniaux, des starchitectes, afin de mettre leur talent au service de l’intérêt commun de l’architecture, pour le plus grand bien de la culture et de la société.


It is hard to imagine a time when the cultural and professional standing of the architect has been less defined and less secure. Ours is a world driven by technological and economic disruption, a world where the ground on which the sure-footed architect of the past has given way to an ever more liquid terrain where it is difficult, if not impossible, for them, or for anyone, to find a secure foothold, let alone a good commission and client. And yet, it is precisely this state of insecurity that today gives opportunity for architects to redefine their roles in society and to reclaim cultural and professional territory ceded to others over the last half century or more.
One firm that has taken this challenge seriously is NBJ Architects, a professional office in Montpellier headed by Elodie Nourrigat and Jacques Brion. For more than 15 years, NBJ Architects have maintained a very successful architecture practice, designing and completing an array of cultural, municipal and commercial buildings at many scales that have garnered numerous accolades. They have developed and refined a modernist idiom that makes their work both recognizable and singular and that allows them to find the right design fit no matter the building typology. They have also designed wonderful interior spaces as well as urban schemes that showcase a range
of design expertise and interest that is both within and without, inside and outside, the boundaries that define the building proper. Perhaps most significantly, NBJ Architects are among those in our field who are defining new territory for the architect by exhibiting an unassailable expertise in architectural design while at the same time expanding that expertise and range by treating each project as a research and design problem. With each design solution, with each completed building, urban design or interior, comes not only a singular answer to the problem presented in the brief, but an entire body of design knowledge produced « along the way. »
In this way, NBJ Architects produce buildings, yes, but they also produce a body of architectural knowledge that informs their practice and that also extends beyond their practice when it is shared (in its production and consumption) with their students and with the many young architects with whom they collaborate. Indeed, what is singular about NBJ Architects is that they practice like professors and they profess like practitioners. They are cultural producers who add to the body of architectural knowledge but they are also facilitators who maintain and nourish a vibrant ecosystem of architects, students, clients and users. Their long-running and extremely successful « Festival des Architectures Vives » combines both aspects of their work as professors and practitioners and remakes the city itself into a classroom. I have visited Montpellier several times during the festival and find it among the most successful new platforms for cultural production and consumption, for learning and teaching, that I have ever experienced. Our ever more complicated and seemingly instable world would seem to have ruled out of existence an antiquated practice that aspires to fixity and stability. And yet, architecture survives and thrives because of architects like Elodie Nourrigat and Jacques Brion, and offices like their N+B Architects, which treat architecture as culture, as something more and less than the building. They are among an extraordinarily talented generation of architect/educators/cultural producers who have refused the normative path to acclaim—as genius architects, as starchitects—and have chosen instead to use their great talent for the greater good of architecture itself, and thus for the greater good of culture and society.